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Postdoctoral Researcher – Asteroid Seismology

Référence

N/A

Type de contrat

Offre de post-doctorat

Temps de travail

Temps plein

Rémunération

3495 to 3643 €/month (gross salary), depending on experience.

Diplôme

Doctorat

Fonction

Post-doctoral researcher

The postdoctoral researcher will be part of the Space Systems for Planetary Applications (SSPA) team within the Electronics, Optronics, and Signal Department (DEOS) of ISAE. The candidate will perform research related to asteroid seismology to prepare the interpretation of the RAMSES/SIA data, and will also contribute to the SIA instrument data archiving activities.

The specific responsibilities will include:

Research (70%):

  • Develop and run numerical models simulating seismic wave propagation in low-gravity, granular, or rubble-pile asteroid environments.
    Postdoctoral Researcher – Asteroid Seismology
  • Investigate seismic source mechanisms relevant to small bodies, including tidal-generated seismicity.
  • Model the effects of asteroid internal structure (porosity, layering, rubble-pile structure) on seismic wave attenuation, scattering, and propagation velocities.
  • Participate in the supervision of student research projects.
  • Collaborate with the research team to analyse findings, prepare scientific publications, and present results at relevant conferences.

Data Archiving Support (30%):

  • Prepare, format, and validate data products for submission to the Planetary Science Archive (PSA), in compliance with current PDS4 standards.
  • Build and maintain pipelines for converting instrument data into archive-ready formats.
  • Coordinate with ESA and the PSA throughout the review and certification process.
  • Train and assist other group members in proper data handling and archiving • practices.

L’ISAE-SUPAERO au Sommet international sur l’espace des 9 et 10 septembre

Une signature stratégique : la reconduction de l’Académie Spatiale de Défense pour trois ans

Alors que le spatial connaît une profonde transformation et que de nouvelles menaces émergent, guerre électronique, agressions laser, manœuvres et actions en orbite, la maîtrise des compétences devient un enjeu stratégique de premier plan.

« La sécurité spatiale de demain se prépare dès aujourd’hui sur les bancs de nos écoles. »

C’est avec cette conviction que la Directrice Générale de l’ISAE-SUPAERO, Marie-Hélène Baroux, a officialisé, à l’occasion du Sommet, la reconduction pour trois ans de l’Académie Spatiale de Défense (ASD), aux côtés du Général Chusseau, Commandant de l’espace, et du Général Kaladjian, directeur général de l’Ecole de l’air et de l’espace.

Cette nouvelle étape renforce un partenariat structurant visant à développer les compétences des acteurs de la défense spatiale et à former les futurs experts du domaine, au travers de parcours de formation attractifs et adaptés aux ambitions de la Stratégie spatiale de défense française.

Anticiper les compétences de la filière spatiale

La Directrice générale était par ailleurs invitée à participer à une table ronde consacrée aux enjeux de formation, dans le cadre de la séquence « Sécuriser l’espace par le dialogue, la défense et les partenariats ».

Aux côtés du Général Kaladjian et du Général italien Figa, cette discussion animée par Béatrice Hainaut a permis de mettre en perspective les transformations rapides de la filière spatiale et leurs conséquences sur les compétences à développer.

La nécessité de construire des parcours de formation plus agiles, de renforcer les transferts de savoir-faire entre les mondes civil et militaire et de consolider un véritable capital de confiance entre nations alliées s’est imposée comme un enjeu majeur.

Une ambition résumée en une formule : « Former ensemble aujourd’hui pour opérer ensemble demain. »

La jeune génération porte sa vision de l’avenir spatial

Autre moment fort du Sommet : la séquence de clôture consacrée à la voix et à la vision de la jeune génération.

Vivien Dahan, élève-ingénieur en 3e année du cycle ingénieur et Lieutenant de vaisseau dans la Marine nationale, ainsi que Chloé Spet, étudiante-ingénieure en 2e année, engagée dans le programme OSE et sélectionnée pour la mission MDRS 2027, ont représenté l’ISAE-SUPAERO sur scène et partagé leur regard sur l’avenir du spatial.

Dans une intervention particulièrement inspirante, Chloé Spet a défendu une vision de l’exploration spatiale portée par la curiosité et la science. Évoquant sa future participation à la mission analogue MDRS 2027, elle a rappelé que l’exploration spatiale ne consiste pas seulement à aller plus loin, mais aussi à mieux comprendre notre propre planète.

Son message résonne avec la vocation de l’Institut : explorer, comprendre, expérimenter et transmettre pour préparer les générations qui construiront le spatial de demain.

« That’s why we go. Not to leave Earth behind, but to finally come home to it, with new eyes. »

Une belle illustration de l’esprit qui anime nos étudiants : une ambition scientifique et technologique nourrie par la curiosité, l’engagement et l’envie de contribuer concrètement à l’avenir de l’exploration spatiale.

Une communauté réunie autour du spatial

Comme lors des grands rendez-vous internationaux, le Sommet a enfin été l’occasion pour les étudiants et alumni de l’ISAE-SUPAERO présents à Paris de se retrouver et de partager un moment convivial.

Quelques échanges, une photo de groupe devenue traditionnelle et le plaisir de se retrouver autour d’une même communauté et d’une même passion pour le spatial.

Et, comme toujours, certains n’ont malheureusement pas pu être présents, retenus par leurs obligations professionnelles ou académiques, mais nombreux sont ceux qui auraient aimé se joindre à nous !

Un Sommet riche en échanges et en perspectives, qui illustre pleinement la place de l’ISAE-SUPAERO : former les talents, accompagner les transformations de la filière et contribuer, aux côtés de ses partenaires, à construire le spatial de demain.

Le discours de Chloé en globalité :

« A few months from now, thanks to an opportunity from a student club at my school, ISAE-SUPAERO, I'll walk into a station in a simulated Martian environment, as part of a simulated space mission. We'll be carrying experiments on behalf of scientists, collecting data, and trying, at our own small scale, to contribute something useful to space exploration.

People often ask me why. Why simulate a mission to a planet 225 million kilometers away? And that question always pushes me to ask a bigger one: why should we explore space at all?

Here's the truth, and I know many young people would say the same: space exploration was never really about leaving Earth. It's about understanding it, driven, first, by something very human: curiosity, the same curiosity that made us look up at the stars long before we could reach them. But curiosity alone isn't enough; it's science that turns that wonder into real, usable knowledge.

So if you ask what ambition my generation wants to pursue for the future of space, it's this: exploration driven by science and curiosity, everywhere we can reach it, not to leave Earth behind, but to finally understand it, by comparison, by contrast, by everything the rest of the solar system and beyond can teach us that Earth alone never could.

That's why we go. Not to leave Earth behind, but to finally come home to it, with new eyes. »

Le Sommet en photos

Retrouvez toutes les photos ici : https://flic.kr/s/aHBqjD3NXn

Crédit photo : France Diplomatie – Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

Appel à candidatures pour le Prix Lopez-Loreta 2027

Prix Lopez-Loreta 2027

Depuis 10 ans, la Fondation Jean-Jacques et Félicia Lopez-Loreta pour l’excellence académique soutient chaque année des diplômés issus de quatre grandes écoles publiques européennes : l’ISAE-SUPAERO, l’École Polytechnique Fédérale de Zurich, l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne et l’École Polytechnique Paris-Saclay.

L’ISAE-SUPAERO peut soumettre jusqu’à 5 pré-dossiers à la Fondation avant le 2 novembre 2026.

Nous lançons donc dès aujourd’hui une pré-sélection interne pour identifier les meilleurs projets de nos diplômés.

Qui peut candidater ?

Les diplômés de l’ISAE-SUPAERO (hors formation Advanced Master) ayant obtenu leur diplôme depuis moins de deux ans au 30 juin 2026.

Le projet doit être :

  • Initié par le ou la candidate et à l’ISAE-SUPAERO
  • De nature entrepreneuriale, scientifique, académique, écologique ou humanitaire
  • En phase de genèse** : les projets déjà avancés (levée de fonds réalisée ou création de start-up déjà effectuée) ne sont pas éligibles

Les diplômes de type Master exécutif ou équivalents ne sont pas éligibles.

Un projet ne peut être présenté qu’une seule fois.

Contenu du pré-dossier 

Le dossier devra être envoyé en PDF (en français ou anglais) et comprendre :

  • Une page de garde :
    • nom,
    • adresse électronique et numéro de téléphone,
    • nom du projet,
    • ISAE-SUPAERO,
    • institution d’accueil,
    • la nature du projet (recherche ou entrepreneuriat).
  • Une description du projet
  • Un CV
  • Une copie des diplômes universitaires

Calendrier

  • Réception des pré-dossiers : au plus tard le 24 septembre 2026
  • Réception des projets définitifs : au plus tard le 15 janvier 2027
  • Convocation pour les auditions : au plus tard le 26 avril 2027
  • Audition des candidats retenus : au plus tard le 31 mai 2027
  • Décision du Conseil de Fondation concernant les Lauréats 2027 : au plus tard le 30 juin 2027

Des jalons intermédiaires vous seront communiqués pour vous accompagner jusqu’aux échéances finales. Par ailleurs, une équipe mixte composée de personnels de l’école et d’alumni a été mise en place pour vous appuyer dans la constitution des pré-dossiers.

Envoyez votre dossier ou manifestez votre intérêt dès maintenant à prix.lopez-loreta@isae-supaero.fr

Modèle de proposition préliminaire à votre disposition ici.

*fiscalité à la charge du lauréat

**spécifiquement pour les projets entrepreneuriaux

Un palmarès remarquable pour l’ISAE-SUPAERO

Nos diplômés ont été récompensés en 2018, 2019, 2021, 2023 et 2024 :

Découverte historique : Mercure possède bien des ceintures de radiation d’électrons

Une percée scientifique pour comprendre les magnétosphères extrêmes

Les ceintures de radiation, composées d’électrons énergétiques piégés par le champ magnétique d’une planète, sont bien connues autour de la Terre, Jupiter ou des autres planètes magnétisées. Pourtant, leur existence autour de Mercure, dont la magnétosphère est la plus petite et la plus dynamique du système solaire, restait incertaine depuis les premières observations de Mariner 10 dans les années 1970.

En combinant des méthodes d’analyse avancées, des simulations numériques et des mesures indirectes issues des instruments NS (Neutron Spectrometer) et GRS (Gamma-Ray Spectrometer) de la mission MESSENGER, ainsi que les données récentes de BepiColombo, les chercheurs ont pu identifier une ceinture de radiation stable autour de Mercure. Cette ceinture peut persister plusieurs jours lorsque l’activité solaire est faible, mais se fragilise en cas d’activité solaire intense, entraînant une perte rapide des particules énergétiques.

Nicolas André, enseignant-chercheur à l’ISAE-SUPAERO et affilié à l’IRAP, co-auteur de l’étude, explique :

« Cette découverte montre que même les magnétosphères miniatures, comme celle de Mercure, peuvent abriter des ceintures de radiation stables. Mercure devient ainsi un laboratoire naturel exceptionnel pour étudier la physique des ceintures de radiation dans des conditions extrêmes, impossibles à observer autour de la Terre.
Ces résultats sont essentiels pour mieux anticiper les risques liés aux radiations lors des futures missions spatiales, qu’elles soient robotisées ou habitées. »

Une collaboration internationale pour une avancée majeure

Cette étude est le fruit d’un travail collectif impliquant :

  • University of California, Berkeley (États-Unis)
  • University of Michigan (États-Unis)
  • Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (IRAP) (France)
  • ISAE-SUPAERO (France)

Nicolas André a joué un rôle déterminant dans l’analyse des données collectées par l’instrument MEA lors du troisième survol de Mercure par BepiColombo en 2023. Ces mesures ont confirmé la présence continue d’électrons de hautes-énergies au sein de la magnétosphère de Mercure, renforçant ainsi l’hypothèse d’une ceinture de radiation durable.

L’ISAE-SUPAERO, acteur clé de la recherche spatiale

Cette publication s’inscrit dans les axes stratégiques de recherche de l’ISAE-SUPAERO, notamment :

  • l’exploration spatiale et la planétologie, avec une expertise reconnue en instrumentation et en analyse des environnements planétaires ;
  • la protection des systèmes spatiaux, en étudiant les interactions entre les radiations et les technologies embarquées ;
  • les partenariats internationaux, à travers des collaborations avec la NASA, l’ESA et des laboratoires de pointe comme l’IRAP.

En tant qu’établissement de référence en ingénierie aérospatiale, l’ISAE-SUPAERO participe activement à des missions emblématiques comme BepiColombo, en apportant son expertise en modélisation des plasmas, traitement des données spatiales et développement d’instruments scientifiques.

BepiColombo et l’instrument MEA : une contribution française décisive

L’instrument MEA (Mercury Electron Analyzer), embarqué à bord de la sonde BepiColombo, a été déterminant dans cette découverte. Développé avec par l’IRAP avec le soutien du CNES, MEA permet de mesurer les populations d’électrons de basses et de moyennes énegies avec une précision inégalée. Les données recueillies lors du survol de Mercure en 2023 ont confirmé la présence continue d’électrons à hautes-énergies, appuyant ainsi l’existence d’une ceinture de radiation stable.

Vers une meilleure compréhension des environnements spatiaux extrêmes

Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour :

  • comprendre les mécanismes de piégeage et de perte des particules énergétiques dans les magnétosphères compactes ;
  • évaluer l’impact des radiations sur les futures missions vers Mercure, en particulier pour la protection des satellites et des astronautes ;
  • utiliser Mercure comme modèle pour étudier les magnétosphères d’exoplanètes ou d’objets substellaires.

Avec le début de la phase scientifique principale de BepiColombo prévu en 2027, les chercheurs de l’ISAE-SUPAERO et de l’IRAP poursuivront leurs analyses pour approfondir notre connaissance de cet environnement unique.

Admis ISAE-SUPAERO : toutes les infos !

Bienvenue à l'ISAE-SUPAERO

Toutes nos félicitations pour votre admission à l’ISAE-SUPAERO via le Concours Mines-Ponts, nous sommes très heureux de vous compter parmi nos futurs élèves ingénieurs.

L’ISAE-SUPAERO vous réserve de très belles opportunités !

Toutes les informations relatives à votre arrivée à l’ISAE-SUPAERO (rentrée, logement, droits de scolarité, etc.) seront indiquées dans le mail d’inscription que vous recevrez de la part de la Direction des formations de l’école (à partir du 28 juillet).

Rendez-vous le mercredi 26 août sur le campus ISAE-SUPAERO à 7h00 pour la rentrée officielle. 

Au programme notamment : des présentations de la formation et de la vie à l’ISAE-SUPAERO, la visite du campus, des temps d’échange avec nos étudiants et nos équipes… et quelques surprises que nous vous réservons !

Nous avons hâte de vous accueillir à Toulouse.

Informations pratiques

Vos contacts

Pour des questions :

  • Sur les aspects administratifs : service scolarité au 05.61.33.85.87 ou au 05.61.33.85.66, ou par courriel à mon.inscription@isae-supaero.fr
  • Sur les aspects vie étudiante : les étudiants te répondent sur le compte Instagram du BDE : bde_isae_supaero

L'école sera fermée le vendredi 24 juillet et du 7 au 16 août 2026.

Vous n'avez pas encore fait votre choix d'école ?

Ce qu'il faut retenir de l'ISAE-SUPAERO

École d’ingénieurs de référence, à la pointe mondiale de l’enseignement supérieur et de la recherche en ingénierie aérospatiale, l’ISAE-SUPAERO forme des ingénieurs généralistes capables de relever les grands défis scientifiques, technologiques et environnementaux de demain.

  • Un très grand choix de carrières. Grâce à une formation généraliste, à fort contenu scientifique et personnalisable selon vos envies, nous vous offrons un très grand choix de carrières de haut niveau dans de nombreux secteurs.
  • L’ISAE-SUPAERO est la voie royale pour rejoindre l’aéronautique et l’espace, secteurs d’excellence, au cœur des grands défis scientifiques et technologiques de demain.
  • Vous développerez une vision système unique, portée par des applications en aéronautique et spatial.

Vous êtes admis à la formation ingénieur Défense & Sécurité (Mines-Télécom) ?

Vous intégrez la formation d’ingénieur défense et sécurité ENSTA-ISAE-SUPAERO à la rentrée 2026 via le Concours Mines – Télécom :

  • Sous le statut IETA (militaire) : toutes les infos pour préparer votre rentrée à l’ENSTA campus Paris-Saclay sur cette page.
  • Sous le statut d’élève civil ? toutes les infos pour préparer votre rentrée à l’ENSTA campus Brest sur cette page.

Le temps des pionniers : réinventer l’aéronautique avec l’hydrogène

L'hydrogène : un axe majeur d’innovation à l'ISAE-SUPAERO

Miniature mais stratégique : le drone Mermoz, laboratoire volant de l’hydrogène

En développant un aéronef de petite taille propulsé à l’hydrogène, l’ISAE-SUPAERO entend contribuer concrètement à l’aviation décarbonée par la voie expérimentale.

C’est tout le potentiel de cette énergie qui est exploré :

  • performances, contraintes,
  • verrous technologiques,
  • perspectives pour l’aviation civile comme pour la défense.

Pour répondre à ces questions, les scientifiques s’appuient sur une démarche résolument expérimentale mettant en jeu de petites quantités d’hydrogène afin d’acquérir rapidement une expertise tout en maîtrisant les risques.

« Nous confrontons la théorie à la validation par l’expérimentation qui est un puissant moteur d’innovation » souligne Jean-Marc Moschetta, professeur d’aérodynamique à l’ISAE-SUPAERO.

Défi Mermoz : drone exploratoire hybride à hydrogène liquide et solaire pour traverser l’Atlantique sans CO₂

De l’hydrogène gazeux à l’hydrogène liquide

« Pour l’aviation, l’hydrogène sera liquide ou ne sera pas » affirme le chercheur « seul le passage à l’hydrogène liquide permettra de tirer parti de la forte densité énergétique de l’hydrogène sans subir la pénalité de masse liée à l’hydrogène gazeux pressurisé ».

En effet, l’hydrogène pressurisé à 300 bars nécessite des réservoirs très résistants et lourds, tandis que sous forme liquide, il est possible d’embarquer de plus grande quantité d’hydrogène tout en maîtrisant la masse des réservoirs. De plus, sous forme liquide, l’hydrogène occupe moins de place que sous forme gazeuse pressurisée.

Pour des aéronefs de petite taille, allant du mini-drone à l’avion régional, l’hydrogène peut être utilisée pour générer de l’électricité par l’intermédiaire d’une pile à combustible. Un moteur électrique est ainsi alimenté pour faire tourner une hélice.

En revanche, pour des avions plus lourds, la demande de puissance exige une utilisation de l’hydrogène sous forme de combustion. C’est pourquoi les moteurs de type turbofan qui équipent les avions de ligne actuels doivent être adaptés pour ce nouveau carburant. Par différence avec le kérosène, les gaz brûlés ne contiennent pas de CO2 mais essentiellement de la vapeur d’eau et, potentiellement, une plus faible quantité d’oxydes d’azote (NOx).  

Conjuguer science et essais pour maîtriser la chaîne propulsive à hydrogène liquide

Au-delà de l’objectif technique de réaliser avec le drone Mermoz un vol de 3000 kilomètres sans émettre du CO2, l’intérêt de l’ISAE-SUPAERO porte sur la montée en compétence sur une technologie de rupture encore très peu documentée dans le domaine de l’aéronautique, même si l’hydrogène cryogénique est couramment utilisé dans le domaine des lanceurs.

Il existe en effet des contraintes spécifiques de l’intégration de l’hydrogène dans un avion commercial, notamment en raison des paramètres économiques, de sûreté de fonctionnement, et également de sécurité à bord ou dans les aéroports.

« À échelle réduite, comme pour les travaux pratiques proposés aux étudiants sur des systèmes propulsifs de faible puissance, ou à travers un mini-drone de moins de 25 kg comme Mermoz, nous expérimentons, souligne Jean-Marc Moschetta, la mise en œuvre, dans un délai court et à faible risque, des systèmes représentatifs de l’aviation hydrogène comprenant les points opérationnels tels que l’avitaillement, les tests de fuite, les scénarios de panne, l’optimisation d’un profil de mission, etc. ».  

Jean-Marc Moschetta, professeur d’aérodynamique à l’ISAE-SUPAERO

Une stratégie en trois axes appuyée par des partenaires

Les chercheurs de l‘ISAE-SUPAERO orientent leurs travaux sur trois axes de recherche en collaboration avec différents laboratoires, entreprises et institutions qui apportent leur soutien à travers des programmes dédiés à cette thématique.

La gestion thermique et l’optimisation énergétique de la chaine propulsive

L’hydrogène, embarquée sous forme gazeuse à haute pression ou sous forme liquide et à très faible température, peut être utilisée soit dans une chambre de combustion pour réagir avec l’oxygène de l’air et faire tourner une turbine, soit pour être mise en contact avec l’oxygène par l’intermédiaire d’une membrane à échange de protons correspondant à une pile à combustible ou pile à hydrogène. Cette dernière produit d’une part de l’électricité pour alimenter un moteur à aimants permanents, d’autre part elle produit également de l’eau qui devra être évacuée dans l’environnement, et enfin de la chaleur, qui permet, dans le cas d’un réservoir cryogénique, de réchauffer l’hydrogène issu du réservoir avant d’entrer dans la pile.

« L’optimisation de la chaîne propulsive hydrogène donne lieu à une analyse thermodynamique poussée qui a fait l’objet d’une thèse de doctorat soutenue en décembre 2025 en codirection entre l’ISAE-SUPAERO et le laboratoire LAPLACE » rappelle Jean-Marc Moschetta.

« Par ailleurs, certains phénomènes spécifiques, tels que le ballotement dans les réservoirs d’hydrogène liquide font actuellement l’objet de modélisations réalisées dans le cadre de coopérations envisagées avec SIEMENS et la société CT Engineering » complète le chercheur.

La sécurité à bord et la sûreté de fonctionnement

En comparaison avec le gaz naturel, une fuite d’hydrogène produit, dès 4% de concentration, une atmosphère potentiellement explosive. La molécule de dihydrogène étant très petite, les fuites dans les systèmes de distribution représentent un risque réel qui requiert des détecteurs d’hydrogène et des mesures de ventilation ou d’inertage à l’azote.

Une analyse de risques par une approche «model engineering» calibrée sur des mesures effectués sur banc d’essai est menée à l’ISAE-SUPAERO en coopération avec la société SIEMENS Software. Il s’agit d’étudier différents scénarios de panne et d’élaborer des solutions de secours.

En outre, la manipulation d’hydrogène induit une barrière psychologique liée à la dangerosité du matériau et à son utilisation. L’accident historique du dirigeable Hindenburg en 1937 pèse encore dans les esprits lorsqu’il s’agit de recueillir l’adhésion du grand public.

La maîtrise de la cryogénie dans le cadre de l’aviation

La modélisation de la chaîne propulsive et en particulier des propriétés thermodynamiques du réservoir (indice gravimétrique et taux d’évaporation) sont la clé de voute de la conception des avions à hydrogène. C’est l’objet du projet ARCHY (ARCHitecture des avions à Hydrogène) débuté en janvier 2025 et qui se poursuit sous la forme d’un post-doctorat en collaboration entre l’ISAE-SUPAERO et l’ENAC sous la coordination de l’Institute for Sustainable Aviation (ISA) associé au soutien de la Région Occitanie. L’objectif est l’étude d’architectures innovantes d’avions commerciaux moyens et longs courriers propulsés à l’hydrogène ainsi que leur impact sur les trajectoires de décarbonation de l’aviation. Ce projet donne lieu à des échanges avec les ingénieurs du programme AIRBUS ZeroE.

Parallèlement, le projet DRONE LIQUIDE soutenu par l’Agence Innovation Défense du ministère des Armées, développe une approche expérimentale de l’hydrogène cryogénique pour l’aviation. Il porte sur la réalisation des essais au sol et en vol d’un drone d’ultra-longue endurance à hydrogène cryogénique.

Démarré en février 2025, ce projet se concrétisera par l’acquisition d’un réservoir en titane, la mise en œuvre d’un liquéfacteur d’hydrogène permettant d’avitailler le drone avant son catapultage dans le cadre d’un partenariat avec le laboratoire LAPLACE et la société H2-Pulse porteur du projet.

L’acquisition de ce liquéfacteur nomade et la maîtrise de son fonctionnement est soutenue par le projet CRYOFLY financé en partie par le Région Occitanie et par le programme GENHyO - Génération Hydrogène en Occitanie.

Le drone Mermoz à l’épreuve du ciel

En 2023, le drone Mermoz, laboratoire volant des chercheurs de l’ISAE-SUPAERO a effectué ses premiers essais en embarquant de l’hydrogène gazeux.  2026 sera la première étape des essais en vol à l’hydrogène cryogénique.

Grâce à la miniaturisation de la chaîne propulsive, une analyse approfondie de l’ensemble des étapes a permis :

  • la conception et la réalisation du drone, étape itérative effectuée en collaboration avec DAHER,
  • la gestion des aspects opérationnels en relation avec la société DELAIR,
  • l’acquisition d’un véhicule équipé pour les essais en vol de drones instrumentés soutenu par

le projet CERTIDRONE lié à un Contrat Plan Etat-Région (CPER) avec la Région Occitanie,

  • l’achat, dans le cadre de ce même programme d’équipement, d’un Lidar Doppler ainsi qu’une catapulte pour faciliter le décollage sur des terrains non préparés. Enfin, un atelier d’intégration et de préparation des essais en vol, appelé DroneLab, sert de base arrière pour la mise au point des systèmes avant les opérations de terrain.

En complément de l’hydrogène à bord, deux autres sources d’énergie sont étudiées pour compléter l’énergie issue de la pile à hydrogène : l’énergie photovoltaïque (étude en cours avec le LAAS-CNRS), et l’énergie aérologique avec l’exploitation du phénomène de vol de gradient couramment exploité par les oiseaux des mers du Sud tels que l’Albatros.

À l’horizon de 2027, l’ambition de l’équipe de recherche est de réaliser des vols de longue endurance mettant en œuvre de l’hydrogène cryogénique dans un drone à voilure fixe de petite taille (4 m d’envergure, 13 kg). Ces vols devraient avoir lieu sur la base d’Istres avec l’aide du centre des Essais en vol de Direction générale de l’armement (DGA/EV).

Le drone Mermoz, un siècle après l’exploit de Jean Mermoz, s’inscrira-t-il dans la même dynamique d’innovation et de perspective pour l’aéronautique ?

Des spécialistes autour du défi MERMOZ

Jean-Marc Moschetta, professeur d’Aérodynamique, responsable du Défi Mermoz

Nikola Gavrilovic, enseignant-chercheur, modélisation, conception, essais en vol, mise au point

Baptiste Legrand, chercheur post-doctorant, analyse de sécurité, modélisation système

Romain Jan, chercheur post-doctorant, modélisation thermodynamique et structurelle des réservoirs

Dominique Bernard, pilote de sécurité, préparation des vols, intégration à bord

Henri Dedieu, technicien hydrogène, équipements essais en vol

Bastien Schnitzler, doctorant, planification de trajectoire optimale

Sofia Mertika, doctorante, modélisation thermodynamique et optimisation énergétique

Regards d’employeurs : Fabrice Montillet, Directeur Développement, Innovation & Offres – Naval Group

Fonction

Directeur Développement, Innovation & Offres - Naval Group

Regards d’employeurs : Clément Prat-Bernarchot, responsable essais hydromécaniques chez Safran

Fonction

Responsable essais hydromécaniques chez Safran

Regards d’employeurs : témoignage d’Alice Paschal, ingénieur avionique Ariane 6 chez Ariane Group

Fonction

Ingénieur avionique Ariane 6 chez Ariane Group

Scale up, du Labo à l’Orbite : retrouvez l’intervention de Géraldine Romano, directrice adjointe de l’ISAE-SUPAERO, sur le plateau de BSmart

Aux côtés de Vincent C. (Head of Business Catalyst TAS, pour le GIFAS – Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales), de Frédéric Adragna (programme Connect by CNES) et de Samuel Mamou (directeur général de l’Alliance NewSpace France), elle a partagé la vision de l’Institut sur les enjeux de formation, d’innovation et de souveraineté du secteur spatial.

Les échanges ont dressé le bilan des premières années et les défis qui restent à relever pour le secteur. Après cinq années de foisonnement, le New Space entre en effet dans une phase de consolidation, portée par des startups plus matures et des initiatives structurantes, comme le programme Scale Up du GIFAS.

Pour l’Institut, ces dernières années ont également marqué un tournant avec la construction d’une forte culture de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Comme l’a souligné Géraldine Romano, l’objectif est de former des « 𝘪𝘯𝘨𝘦́𝘯𝘪𝘦𝘶𝘳𝘴 𝘪𝘯𝘯𝘰𝘷𝘢𝘵𝘦𝘶𝘳𝘴 », capables de relever les défis technologiques, de lever les verrous technologiques tout en maîtrisant les enjeux de la mise sur le marché.

Cette dynamique d’innovation se traduit également par un accompagnement des étudiants et des chercheurs porteurs de projets. « O𝘯 𝘢 𝘵𝘰𝘶𝘵𝘦 𝘶𝘯𝘦 𝘱𝘰𝘭𝘪𝘵𝘪𝘲𝘶𝘦 𝘥’𝘢𝘤𝘤𝘰𝘮𝘱𝘢𝘨𝘯𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵. 𝘖𝘯 𝘧𝘰𝘳𝘮𝘦 𝘦𝘵 𝘰𝘯 𝘢𝘤𝘤𝘰𝘮𝘱𝘢𝘨𝘯𝘦 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘱𝘢𝘴𝘴𝘦𝘳 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘣𝘰𝘯𝘯𝘦 𝘪𝘥𝘦́𝘦 𝘵𝘦𝘤𝘩𝘯𝘪𝘲𝘶𝘦 𝘢𝘶 𝘱𝘢𝘴𝘴𝘢𝘨𝘦 𝘢̀ 𝘭’𝘦́𝘤𝘩𝘦𝘭𝘭𝘦 », a expliqué la directrice adjointe de l’école.

Elle a également rappelé la place accordée dans la formation au design de manufacture, une approche largement éprouvée en aéronautique : « 𝘖𝘯 𝘢𝘱𝘱𝘳𝘦𝘯𝘥 𝘢̀ 𝘤𝘰𝘯𝘤𝘦𝘷𝘰𝘪𝘳 𝘥𝘦𝘴 𝘱𝘳𝘰𝘥𝘶𝘪𝘵𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘱𝘰𝘶𝘳𝘳𝘰𝘯𝘵 𝘦̂𝘵𝘳𝘦 𝘧𝘢𝘣𝘳𝘪𝘲𝘶𝘦́𝘴 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘧𝘢𝘤𝘪𝘭𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵, 𝘢̀ 𝘮𝘰𝘪𝘯𝘥𝘳𝘦 𝘤𝘰𝘶̂𝘵. » Une démarche qui vise à réduire les coûts de production dès les phases amont, condition clé du passage à l’échelle des innovations de la deep tech.

Enfin, Géraldine Romano a souligné l’importance de la souveraineté industrielle pour renforcer les capacités de résilience de nos startups.

Passer du laboratoire à l’orbite : un défi que la plupart des acteurs réunis aux Assises du New Space ont choisi de relever.

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