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Nous combattons chaque jour les préjugés sur le handicap

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Dans le cadre de la semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapés de nombreuses actions ont été organisées, les 21 et 22 novembre dernier, par le service Diversité et Handicap de l’Institut pour porter un autre regard sur le handicap et en finir avec les préjugés.

dossier handicap visuel

Mais nous participons aussi chaque jour, par des actions et des projets, à lutter contre les les discriminations visant le handicap à tous les niveaux de l’Institut, dans les formations, la recherche, ou encore l’innovation.

4 volets représentatifs de ce qui est fait au quotidien, par ou pour les personnes en situation de handicap, et participer ainsi à la sensibilisation au handicap dans la société :

  • Un Projet Initiative Entrepreneuriat (PIE) avec l’Aéro-Médalier qui poursuit son envol vers la certification avec un nouvel équipage, pour rendre le ciel accessible à tous.
  • Une projet de recherche et d’innovation entrepreneurial avec l’Enoskelet, un exosquelette médical développé par Amaury Ciurana en double diplôme Master of science X-HEC Entrepreneurs et les chercheurs du DMSM
  • Une formation innovante initiée par le LACS avec le projet de recherche en anglais, focus ici sur le projet présenté par Romain Gasparini 3A, pour une aide à la lecture inédite
  • L’accueil d’un stagiaire malvoyant et champion de France 2018 de para-judo pour son stage de deuxième année ingénieur au DMSM.

L’Aéro-Médalier présenté au Market Places de Thalès

Dans le cadre de sa certification, le projet d’Aéro-Médalier a été présenté au Market Place de Thalès Toulouse, le 21 novembre dernier, sur le thème innovation et handicap par une nouvelle équipe d’élèves de 3A avec Philippe Carette, père du projet, toujours aux commandes.

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Schéma du prototype de l’Aéro-médalier

Une nouvelle équipe composée de 4 élèves ingénieur de troisième année a choisi de réaliser son projet innovation et entrepreneuriat (PIE) aux côtés de Philippe Carette* avec comme objectif le développement et la certification d’un Aéro-Médalier. Il s’agit d’un projet d’équipement aéronautique permettant aux personnes ayant perdu l’usage de leur jambe de piloter tous les types d’aéronefs. Cet équipement possède la particularité d’être transférable d’un avion à un autre pour diminuer la pénurie des avions équipés de malonnier standard.

Ce projet représente un véritable challenge pour l’équipe, d’une part, pour la certification d’un système aéronautique innovant, et pour son impact sociétal d’autre part, nous dit Romain Andrieux responsable du groupe PIE.

Sous la forme d’un Market Place en compagnie d’autres initiatives en faveur de l’emploi des personnes handicapés, les étudiants ont pu présenter un prototype numérique et physique de l’Aéro-Médalier sur un simulateur de vol, banc de test construit sur mesure. Cet événement, organisé par Thalès Avionics dans le cadre de la semaine pour l’emploi des personnes handicapées, a permis à la nouvelle équipe, accompagné de Stéphane Baudru, fablab Manager de l’ISAE-SUPAERO de tenir un stand et de réaliser un bon exercice de communication pour faire rayonner ce projet auprès d’un public professionnel. Cette opération sous ces aspects techniques et sociétaux a été introduite auprès des ressources humaines de Thalès, par le service Diversité et Handicap de l’Institut.

Un premier événement à l’extérieur de l’école pour cette nouvelle équipe qui a su relever ce défi et présenter l’Aéro-Médalier comme un équipement pouvant démocratiser le pilotage pour les personnes paraplégiques, créant ainsi un environnement permettant aux uns et aux autres de vivre avec ses potentiels et de pouvoir les libérer. Nous avons pu rencontrer des collaborateurs de Thalès Avionics, qui se sont montrés très curieux envers notre projet. Les discussions ont été très enrichissantes, pour notre équipe, mais également pour nos interlocuteurs, qui ont pu découvrir dans notre projet le potentiel de l’Aéro-Médalier. Nous sommes sûrs que cet événement aura des retombées positives sur le projet, grâce à la mobilisation de toute notre équipe ainsi que par la participation active des collaborateurs de Thalès, conclut Romain au lendemain de cet événement.

Plus largement le rôle de l’équipe PIE, composée d’Erika RIZZO AQUINO, Nicolas DARODES DE TAILLY, Gustavo FORNI BATTISTA, et de Romain ANDRIEUX, est de travailler sur plusieurs thèmes techniques. Il leur faudra déterminer les exigences de certifications en liaison avec les scientifiques, les services officiels et les promoteurs du projet. Puis, il sera nécessaire d’analyser les risques techniques et les difficultés d’homologation ou de certification liés à l’architecture, et de proposer des évolutions allant vers l’homologation de la partie fixe de l’Aéro-Médalier et la certification des variables. Et enfin ils devront démontrer que les moyens proposés continuent à couvrir l’ensemble des besoins, en lien avec la communauté des utilisateurs et de l’équipe technologique.

L’objectif au terme de leur projet en mars 2020, sera d’être en mesure de solliciter les autorités de certification pour un séminaire n°2 avec les spécifications techniques des besoins en terme de navigabilité (CS23 charges, géométrie, technologies, redondances, pannes, …) et la création de pré-démonstrateurs technologiques réalisés en laboratoire et en atelier. Après des présentations à AirExpo ou encore au salon du Bourget 2019, Romain ANDRIEUX, au nom de responsable du groupe PIE, porte la candidature de l’Aéro-Médalier au « Creative Makers Contest 2020 » afin de concourir dans la catégorie « Inclusion » : tout projet favorisant l’intégration des personnes en situation d’exclusion, d’inégalité, de handicap.

Plus de détails sur https://www.catalyseur-toulouse.fr/creative-makers-contest-2020

L’Aéro-Médalier est une nouvelle interface Homme-Machine, pour s’affranchir de son handicap.
En intégrant la particularité du handicap dans la complexité d’un cockpit, l’Aéro-Médalier montre que certains aspects de la vie courante des handicapés pourraient être résolus facilement, tout étant question de volonté politique et de vision sociétale.

*Philippe Carette est paraplégique suite à un accident de moto à 23 ans à Singapour où il était ingénieur en métrologie. De retour en France, Philippe s’est reconstruit et au fil des rencontres, il s’est passionné pour l’aéronautique. Il vole depuis 22 ans, a passé toutes les qualifications, de la licence de pilote privé à la qualification de vol de nuit en montagne. Il est instructeur pilote depuis 5 ans et forme en majorité des pilotes valides.


Enoskelet, un exosquelette issu de la recherche à l’ISAE-SUPAERO

Amaury Ciurana, est en double diplôme en deuxième année du Master of Science (MSc) X-HEC Entrepreneurs. Au cours de son cursus à l’ISAE-SUPAERO, Amaury a développé un projet de recherche avec les enseignants-chercheurs du Département Mécanique des Structures et Matériaux (DMSM) qui a conduit à un projet de startup, l’Enoskelet.

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Ciurana Amaury

Amaury Ciurana s’intéresse dès sa première année, aux travaux de recherche de Guilhem Michon, enseignant chercheur au DMSM et à son projet d’exosquelette. C’est dans le cadre de son Projet Innovation Créativité (PIC), qu’il va concrétiser avec cette équipe ce projet d’équipement médical et créer un exosquelette pour renforcer les articulations d’enfants atteints de paralysie cérébrales pour les aider à s’équilibrer et à marcher. L’objectif d’Enoskelet est de trouver une alternative au fauteuil roulant et au déambulateur.

Le principe d’Enoskelet est de fournir une assistance motorisée à la marche pour un enfant faisant déjà l’expérience d’une marche pathologique. Cette assistance aiderait l’enfant à s’équilibrer et à répéter un schéma de marche correct, clé de la rééducation et de la progression thérapeutique. L’idée est que l’exosquelette capte l’intention du mouvement au niveau du bassin et des jambes avec des capteurs et puisse ensuite orienter le mouvement de marche en apportant un renfort musculaire robotisé adéquat. Ainsi l’exosquelette ne donne pas d’ordre au corps, mais il interprète des signaux musculaires déjà existants afin d’amplifier le mouvement. Il y a donc une véritable interaction entre le mouvement humain pathologique et la commande de l’exosquelette.

« Nous avons travaillé sur le concept de cet exosquelette pour enfant, avec comme objectif ici de trouver comment le mettre sur le marché et comment le vendre pour que cela touche le plus grand nombre d’utilisateurs. C’est à partir de ce moment-là que mon envie de créer véritablement une entreprise s’est renforcée pour développer ce projet affirme Amaury Ciurana. »

enoskelet

L’idée de créer une start-up s’est précisée en deuxième année dans le cadre d’un Projet innovation recherche (PIR) en version entrepreneuriat avec la participation à des compétitions entrepreneuriales entre étudiants à Toulouse. Amaury a intégré l’ISAE-SUAPERO avec l’idée de faire de l’entrepreneuriat. Pour lui c’était concilier, entrepreneuriat et engagement social dans le médical. Ses modèles sont, Hugo Mercier et Quentin Soulet de Brugière (ISAE-SUPAERO 2015) co-fondateurs de Dreem, et d’un bandeau capable d’améliorer la qualité du sommeil.

« Au final j’ai construit mon cursus autour du projet Enoskelet et je suis parti à l’X faire un Master entrepreneuriat. A partir de ce moment-là j’ai continué de travailler sur ce concept à partir d’un prototype que nous avions réalisé au DMSM. Ce prototype a été réalisé grâce à l’enregistrement, dans la volière des drones, de la marche pathologique d’enfants conviés à l’Institut par les chercheurs. Les capteurs placés sur leurs jambes ont permis de modéliser le comportement de cette marche et de concevoir une jambe artificielle réalisée à partir d’une imprimante 3D au DMSM. Elle a pu être ensuite expérimentée sur un enfant dans l’idée de créer une interaction entre un sujet qui a un problème de marche pathologique et un exosquelette pour l’aide à la marche.

Je pars 4 mois à Berkeley, dans le cadre de mon Master, avec la volonté à la fin de mes études de devenir entrepreneur pour pouvoir mettre ce produit sur le marché, pour ne pas que cela reste juste de la recherche, conclut le futur startupper en attendant la suite. »

La recherche continue…

Une thèse, menée par Sabrina Otmani est actuellement en cours. Elle est encadrée par Guilhem Michon (directeur de thèse) au DMSM de l’ISAE-SUPAERO et par Bruno Watier (co-directeur) au LAAS-CNRS.
C’est une thèse co-pilotée par les 2 organismes même si les activités de recherche sont effectuées à l’Institut Clément Ader (ICA).

Le sujet en est l’interaction entre un exosquelette et un robot humanoïde (robot Poppy) reproduisant le comportement pathologique d’enfants atteints de paralysie cérébrale. Le robot humanoïde sert ici de cobaye.


Projet de recherche en anglais de Romain Gasparini, développé dans le cadre du département Langues, Arts, Cultures et Sociétés

Pour ce projet, Romain Gasparini s’est intéressé aux personnes en situation de handicap. Il a choisi de s’investir tout au long de sa troisième année dans un projet technologique permettant aux personnes malvoyantes de pouvoir lire à l’aide d’une caméra posée sur leur index.

Pour cela, il a développé un algorithme de reconnaissance optique des caractères en temps réel pour détecter le texte d’une image pouvant être lu à voix haute par un simple synthétiseur vocal. Le département Langues, Arts, Culture et Sociétés (LACS) permet aux élèves en dernière année du programme d’enseignement d’anglais de choisir entre 40 heures de cours électifs sur des thèmes de management, de leadership, de culture, ou, comme Romain Gasparini, d’écrire de façon plus autonome, un projet de recherche en anglais tout au long de l’année. Les sujets peuvent être politiques, sociologiques, économiques, littéraires, culturels, ou encore philosophiques.

Les élèves sont accompagnés sur le plan académique d’un tuteur, mais il s’agit de projets de réflexion et de recherche individuels d’une grande exigence, devant comporter 15000 mots minimum. Certains élèves en profitent pour publier un article de recherche scientifique en anglais avec un tuteur choisi parmi le corps professoral scientifique.

En 2020, une vingtaine d’élèves suivent le projet de recherche en anglais.
Cette formule est unique au programme ingénieur et à l’ISAE SUAPERO.


Devenir ingénieur et vouloir participer aux jeux paralympiques, c’est possible ?

Nathan Petit est élève ingénieur à Sea Tech à Toulon (83), il est malvoyant et champion de France 2018 de para-judo. Le Département Mécanique des Structures et Matériaux (DMSM) l’a accueilli pour son stage de deuxième année pour étudier les impacts de foudre sur plaque alu.

Le but de son stage est de proposer des essais foudre qui permettraient de valider ou d’invalider des hypothèses sur le rôle intrusif de la peinture sur les supports aéronautiques. Il a choisi l’ISAE-SUAPERO pour sa réputation, pour l’aéronautique, un domaine qu’il souhaitait découvrir. Nous avons voulu savoir comment il pouvait suivre des études supérieures, être sportif de haut niveau en étant malvoyant.

Est-ce que ton handicap, a constitué un frein dans tes projets d’études ?

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Nathan Petit

Durant mes études, j’ai toujours eu des aménagements qui m’ont permis de suivre des études dans de bonnes conditions. Mon problème de vue étant apparu en seconde, le lycée a été une période assez difficile d’adaptation. J’ai dû fonctionner différemment en mettant en place une écoute et en me plaçant au premier rang. Il faut être concentré en permanence pour développer ce sens. Pour les supports de cours, je bénéficie, de documents agrandis ou numériques dans lesquels je peux zoomer facilement.

Quels étaient les conditions d’intégration lors de ton du stage au DMSM ?

Ici tout est numérique. Je travaille sur ordinateur et il est facile de zoomer sur les écrans avec les outils informatiques. Je suis vraiment à l’aise aussi avec tous les documents que me fournit Christine Espinosa. Tous les rapports par exemple sont en PDF et je peux simplement avec la loupe de grossissement à 200% de Windows les adapter à ma déficience visuelle. Le plus difficile est l’utilisation de nouveaux logiciel car il faut toujours un temps d’adaptation pour trouver et repérer les bons onglets, les raccourcis. Pas de perte de temps ici, puisque je connaissais tous les logiciels.

As-tu rencontré des difficultés particulières à l’ISAE-SUPAERO ?

Aucune, J’ai été très bien intégré dans le département. Au niveau de l’encadrement il y a un bon dialogue et une bonne communication avec Christine Espinosa et Rémy Chieragatti. Les échanges ont été fructueux pour chacun d’entre nous. Je suis dans le même bureau que 3 autres stagiaires étrangers avec lesquels j’ai partagé de nombreux sujets d’intérêt et de discussions sur les échanges culturels. J’ai même pu m’entraîner ici avec la section judo de l’école. Je vais valider ma deuxième année grâce au stage et partir en troisième année avec plus d’expériences.

Comment as tu réussi à mener de front études supérieures et compétitions sportives ?

J’ai pratiqué le judo très tôt à 6 ans, mon père étant professeur de judo. Le judo est une passion, même s’il a toujours été secondaire par rapport à mes études. J’ai fait beaucoup de compétitions au collège, puis à 15 ans suite à mon problème de vue, je suis passé au para-judo. En classes prépa le judo se résumait à un ou deux entrainements par semaine, histoire de souffler par rapport aux études. Cela fait deux ans que je pratique le judo à haut niveau en intégrant l’équipe de France para-judo à mon entrée en école d’ingénieurs. Mon statut de sportif de haut-niveau me permet de faire plus de séances d’entraînement avec plus d’intensité, car mon emploi du temps à l’école est aménagé en fonction de mon calendrier sportif. Cela reste malgré tout un challenge d’alterner sport et études. Les compétitions et les entrainements durent une semaine, et la semaine suivante il faut rattraper les cours et s’immerger à nouveau dans les études. C’est pour cela que je vais dédoubler ma troisième année pour encore augmenter le nombre et le niveau de mes entraînements, durant cette année de qualification aux jeux paralympiques.

Tu fais des compétitions dans le but de participer aux jeux paralympiques au japon en 2020, quels sont les prochains jalons ?

Je suis champion de France para-judo 2018. J’ai terminé troisième du championnat du monde au Portugal fin 2018. Et dernièrement j’ai terminé 3e des jeux mondiaux aux Etats unis en moins de 81kg. Il reste encore 4 compétions et je suis deuxième de ce classement mondial dans ma catégorie.
C’est donc bien parti pour Tokyo. En dédoublant ma troisième année, je n’aurai que la moitié des cours pour pouvoir m’entrainer davantage pour les compétitions qualificatives. A partir de février 2020, en repoussant mon stage de 6 mois à l’année suivante, je fais pouvoir me concentrer sur cet objectif à 100%.L’objectif est de se qualifier et d’être dans les 4 premiers pour être tête de série et bénéficier d’un tirage favorable jusqu’au demi –finale de ces jeux paralympique qui se dérouleront à Tokyo du 25 août au 6 septembre 2020.

Quels conseils donnerais-tu aux personnes en SDH pour faire des études supérieures ou pratiquer le sport de haut niveau ?

Il faut oser. Maintenant il y a plein d’aménagements possibles. Il faut absolument oser demander et se renseigner pour trouver les bons aménagements dans toutes les écoles. Tout le monde, comme moi, est capable de pouvoir tout gérer, à condition d’être motivé.

NathanPetit
Nathan Petit, au milieu - Crédit Judo Club Roiffieux - Boulieu

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