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NOS 4 PORTRAITS DE FEMMES POUR LA SEMAINE DU 30 MARS 2020 - #JOURNÉEINTERNATIONALEDESDROITSDESFEMMES

Mis en ligne le

Dans le cadre de la Journée Internationale des Droits des Femmes du 8 mars, nous vous présentons pendant un mois une galerie de portraits de femmes qui font l’ISAE-SUPAERO. L’occasion de leur demander comment elles perçoivent la place des femmes dans les sciences et dans la société.

Cette semaine, nous mettons à l’honneur :
- Raquel Alonso Castilla, en première année de Master of Science in Aerospace Engineering.
- Caroline Chanel, enseignante-chercheuse en conduite de systèmes autonomes au Département Conception et Conduite des Véhicules Aéronautiques et Spatiaux.
- Isabelle Bloy, responsable de l’équipe en charge des grands développements au sein de l’équipe Ingénieur en chef de la famille Airbus A320.
- Marielle Toupillier, responsable du service Patrimoine de l’ISAE-SUPAERO.

SOMMAIRE :

Marielle Toupillier : publié le 07 avril 2020

Isabelle Bloy : publié le 05 avril 2020

Caroline Chanel : publié le 03 avril 2020

Raquel Alonso : publié le 30 mars 2020


Marielle-PortraitDeFemme

Marielle Toupillier

Quel poste occupez-vous et qu’est ce qui a été déterminant pour vous dans votre parcours ?

Je suis responsable du service Patrimoine de l’ISAE-SUPAERO. Ce service regroupe trois grands types de missions : la connaissance du patrimoine immobilier de l’école, la définition de la stratégie immobilière et enfin sa déclinaison opérationnelle par la conduite d’opérations variées telles que les constructions neuves, réhabilitations, restructurations dont le service est pilote. Il joue, ici, le rôle de chef d’orchestre en coordonnant l’ensemble des acteurs…

Après un diplôme d’ingénieur de l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat (ENTPE) et un premier poste dans le domaine de l’aménagement du territoire, j’ai souhaité m’orienter vers le métier plus opérationnel de conduite d’opérations immobilières. Puis j’ai saisi les opportunités qui se sont présentées, toujours avec la volonté de travailler dans un domaine opérationnel et concret. Le patrimoine de l’Institut présente un véritable enjeu tant dans son maintien et sa rénovation que dans son développement avec des perspectives de transition énergétique et écologique. L’objectif étant de le rendre optimal pour permettre à l’école de relever les défis à venir pour la formation, la recherche et l’innovation.

Je dois reconnaître qu’en tant que femme et cadre cela a été difficile. Certaines opportunités ne se sont pas concrétisées parce ce que j’étais justement une femme. Lors d’entretiens, en début de carrière, j’ai été confrontée à des questions sur ma vie privée, sur mes enfants et/ou mon envie d’enfants et ma façon de les gérer en cas de maladie… et cela même dans la fonction publique ! Des questions que l’on pose rarement à des hommes. Mais je trouve que les mentalités commencent à évoluer depuis 5 ou 6 ans.

Une anecdote pour conclure. J’ai été récemment confrontée dans ma vie personnelle à des hommes estimant qu’en tant que femme je ne pouvais pas « comprendre » des choses techniques et scientifiques mêmes simples…bizarrement, cela ne s’est jamais produit dans le monde professionnel alors que le milieu de la construction immobilière est toujours, à l’heure actuelle, majoritairement masculin.

Qu’est-ce qui vous semble important pour l’avenir ?

Je suis très sensible aux problématiques liées au développement durable, à la conscience écologique de chacun mais aussi à celle des institutions. L’école se doit d’être exemplaire et la gestion du patrimoine est un des leviers d’action.

Mais il est également important d’accompagner, chaque jour, les populations jeunes et moins jeunes pour conduire ce changement et réussir le grand défi qui se présente à nous.
Outre cet aspect, il m’est également important d’atteindre le bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle !

Est ce qu’il y a des femmes qui vous inspirent, qui vous servent de modèle ?

Il n’y a pas réellement de femme qui me serve de modèle mais plutôt une multitude de petites inspirations dans le quotidien, via des femmes, mais aussi des hommes, qui s’impliquent dans la problématique de développement durable, de protection de l’environnement, de la faune et de la flore. Les personnes qui agissent à leur échelle pour améliorer et faire changer les mentalités, pour proposer des solutions et des projets innovants, m’inspirent au quotidien.

Quels sont à votre avis les leviers à activer pour améliorer la place et la part des femmes dans la société, le monde du travail, et les sciences technologiques ?

Très bonne question !
L’éducation joue un rôle majeur pour que les filles se sentent légitimes de travailler dans des domaines scientifiques et techniques. Cette éducation doit se faire au niveau scolaire et dans le cercle familial. Il faudrait, dès le niveau primaire, les informer sur la place des femmes dans la société, dans le monde du travail, en adaptant le discours selon le niveau et l’âge des élèves ciblées.

Il est nécessaire, par rapport aux réticences auxquelles j’ai pu être confrontée en tant que femme, que les hommes et les femmes en France soient égaux face à la parentalité. Pour faire évoluer les mœurs et les mentalités et accélérer le changement, les hommes devraient pouvoir prendre autant de congés pour les naissances, les gardes d’enfants malades, se mettre en temps partiel sans que cela soit mal vu par les collaborateurs et la hiérarchie , cela passe par l’éducation , l’incitation…


Isabelle-PortraitDeFemmes

Isabelle Bloy

Quel poste occupez-vous et qu’est ce qui a été déterminant pour vous dans votre parcours ?

Au sein de l’équipe Ingénieur en chef de la famille Airbus A320, je suis responsable de l’équipe en charge des grands développements. Nous sommes chargés de définir les exigences produits des développements majeurs, d’en assurer la coordination technique et les arbitrages. Je m’occupe aussi directement du Chief Engineering de l’A321 XLR. J’ai suivi, pendant 15 ans, au sein d’Airbus un parcours d’architecte Avion à travers plusieurs fonctions (système, structure, physique du vol) et j’ai pu exercer des fonctions différentes allant du management de projet au management d’équipe.

Qu’est-ce qui vous semble important pour l’avenir ?

Le plus important pour une grande entreprise est d’être capable d’anticiper et non de subir les évolutions sociétales et environnementales. Cela passe par une plus grande mixité sociale et de genre, au sein des équipes dirigeantes et par une démarche active envers l’environnement, non seulement dans la conception du produit lui-même mais dans la manière de le produire et dans l’environnement de travail des salariés.

Est ce qu’il y a des femmes qui vous inspirent, qui vous servent de modèle ?

Le livre de Virginia Woolf « Une chambre à soi » est une belle réflexion sur le statut des femmes. En s’interrogeant sur le petit nombre de femmes écrivaines, elle questionne l’occupation de l’espace public par les femmes et l’influence sur leur vocation. Cette réflexion est d’actualité. Plutôt que d’entériner que les femmes sont sous représentées dans certaines fonctions, comme le résultat d’une défaillance d’aptitude, Il est préférable de s’interroger sur ce qui concrètement permettrait qu’elles se sentent capables ; légitimes et aient l’envie d’y accéder.

Quels sont à votre avis les leviers à activer pour améliorer la place et la part des femmes dans la société, le monde du travail, et les sciences technologiques ?

Les femmes doivent apprendre à s’entre-aider, et les hommes, ceux qui portent un idéal féministe et égalitaire, ont aussi un rôle important à jouer pour compenser les mécanismes fréquents d’auto censure que l’on observe chez les femmes. Par ailleurs, l’éducation a beaucoup à voir avec les choix futurs des hommes et des femmes. Il ne s’agit pas de se focaliser sur les jeux genrés des enfants mais de s’interroger sur les émotions et les comportements qu’on valorise différemment pour une fille et pour un garçon. La colère est acceptable pour un garçon, la tristesse l’est pour une fille. Il faut se poser la question, comment cette éducation influence les affinités futures des enfants pour des métiers. Apprendre à gérer toute la palette d’émotions sans jugement rendrait, me semble-t-il, garçon et fille plus équilibrés et plus éclectiques dans leurs choix professionnels.


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Caroline Chanel

Quel poste occupez-vous et qu’est ce qui a été déterminant pour vous dans votre parcours ?

Je suis aujourd’hui Enseignante-Chercheuse en conduite de systèmes autonomes au Département Conception et Conduite des Véhicules Aéronautiques et Spatiaux (DCAS). Mais, il y a seulement quelques mois, j’occupais encore le poste d’Ingénieure-Chercheuse. Mon diplôme d’Ingénieur en Automatique, suivi d’un Master Recherche en Systèmes Automatiques, Informatiques et Décisionnels, et d’une thèse en Intelligence Artificielle ont été déterminants pour ma prise de poste à l’Institut. Toutefois, depuis ma thèse, je participe à des enseignements à l’ISAE-SUPAERO. Ces enseignements m’ont permis de découvrir le plaisir de transmettre des connaissances. C’est l’ensemble de mes compétences qui a constitué l’expérience nécessaire pour occuper mon poste aujourd’hui.

Qu’est-ce qui vous semble important pour l’avenir ?

C’est une question difficile et je me questionne tous les jours.
D’un point de vue personnel il est important de pouvoir aider mes enfants à trouver leur voie, pour qu’il puisse vivre pleinement épanoui. Sur le plan professionnel, il est fondamental de trouver un sens à mon travail, à court ou à long terme. Je me pose toujours des questions sur, à quoi peut servir ce que je développe ? Quelle est la prochaine étape ? Quel impact cela peut-il causer ? Cela me permet d’une part, de me dire que ce que j’ai fait n’est pas inutile, et d’autre part, de trouver du plaisir à venir travailler. Plus généralement, j’invite tout le monde à réfléchir au sens de leurs actions. En tant qu’acteurs du monde d’aujourd’hui et formateurs des acteurs du monde de demain, il me semble important de transmettre des valeurs sur la protection de notre planète et des gens qui y vivent, et ce, quel que soit leur origine.

Est ce qu’il y a des femmes qui vous inspirent, qui vous servent de modèle ?

A vrai dire, non, je n’ai pas en tête une femme en particulier. J’ai plutôt rencontré à certains moments de ma vie des hommes qui ont, d’une certaine manière, douté de ma capacité à devenir ingénieur, et de poursuivre un parcours scientifique. Je pense que c’est ce genre d’attitudes qui m’ont poussé à poursuivre ma voie, en voulant leur prouver le contraire.

Quels sont à votre avis les leviers à activer pour améliorer la place et la part des femmes dans la société, le monde du travail, et les sciences technologiques ?

Cela peut paraître radical, mais de mon point de vue il faut arrêter de faire cette différence homme versus femme. Cette différence historique "les femmes font ceci, les hommes font cela" doit s’arrêter ! Dès le départ on met les petites filles dans des cases, soit par leurs vêtements, soit par les jouets ou les activités qu’on les propose. Et cela n’importe où, que ce soit en famille, à l’école,...! L’intérêt pour la science ou la technologie commence même avec le bricolage ! Laissez nos petites filles faire "comme les garçons" et nous verrons que, sur le long terme, on retrouvera plus de femmes dans les sciences.

Lien vers sa page professionnelle LinkedIn ici.

SA BIO

Caroline est enseignante-chercheuse en conduite de systèmes autonomes au Département Conception et Conduite des Véhicules Aéronautiques et Spatiaux (DCAS) et possède un Doctorat en contrôle et systèmes embarqués à l’Université de Toulouse (ISAE-SUPAERO)-2013.

Son groupe de recherches « Décision et Commande » en neuroergonomie et facteurs humains travaille sur l’amélioration la performance et la sécurité dans les systèmes à risque tel que l’aviation dont le thème de recherche traite des Systèmes de conduite/contrôle plus sûrs pour les systèmes aérospatiaux. Elle encadre aussi des doctorants et des post-doctorants.

Ses thèmes de recherches sont :

- La prise de décision dans l’incertitude : Perception, navigation et planification de mission basées sur le modèle (MO-)POMDP.
- Interactions homme-robots ou homme-systèmes : garantissent un système de conduite auto-reconfigurable qui tient compte des défaillances des sous-systèmes pendant la mission, y compris le comportement humain non déterministe et partiellement observable, sur la base des modèles (MO-)POMDP et de la théorie des jeux

Elle mène des projets de recherches dont :

HoRIzONs : Conduire les interactions entre l’homme et les robots
Type de projet : Chaire de Patronage Dassault Aviation
Juin 2016-Juin 2021

NavPlan : Planification de la stratégie de navigation et de guidage des drones autonomes en environnement contraint
Type de projet : ECR Onera-ISAE Soutien financier de thèse
Octobre 2016-Octobre 2019


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Raquel Alonso

Que faîtes-vous à l’ISAE-SUPAERO et qu’est-ce qui a été déterminant dans votre parcours ?

J’ai fait mes études en Espagne et obtenu mon diplôme d’ingénierie aérospatiale à l’Université Polytechnique de Madrid (UPM). Maintenant, grâce à ma passion pour ce domaine, à mes efforts et au soutien inconditionnel de ma famille et de mes amis, je suis entrée en première année de Master of Science in Aerospace Engineering à l’ISAE SUPAERO.

Qu’est-ce qui vous semble important pour l’avenir ?

Sur le plan personnel, je voudrai développer mes connaissances en ingénierie dans une entreprise internationale leader dans le domaine de l’aéronautique. Je souhaiterai pouvoir y exercer un poste à responsabilité et travailler en équipe. Il est important que je me sente épanouie sur le plan personnel et professionnel.

Est ce qu’il y a des femmes qui vous inspirent, qui vous servent de modèle ?

Ma grand-mère est la personne qui m’a inspiré le plus dans ma vie. A la suite d’un accident, elle est devenue tétraplégique. Mais malgré tout, elle n’a jamais perdu son enthousiasme ni son envie de vivre. Elle est un exemple de lutte et de dépassement.

Quels sont à votre avis les leviers à activer pour améliorer la place et la part des femmes dans la société, le monde du travail, et les sciences technologiques ?

Il faut donner accès à toutes les matières, à l’enseignement des différentes sciences, dès le plus jeune âge pour susciter et encourager la curiosité et la soif de découverte sans différence de sexe.

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