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La banlieue de la Terre, un espace sous haute surveillance

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Florian Delmas, responsable de l’équipe Caesar du CNES en charge des risques de collisions en orbite, est venu sensibiliser les étudiants de l’ISAE-SUPAERO à la problématique de la surveillance des débris spatiaux, quelques jours avant le lancement d’Entrysat, premier CubeSat dédié à l’étude du retour dans l’atmosphère des débris orbitaux.

Plus de 20 000 objets de plus de 10 cm sont catalogués en orbite autour de la Terre. La majorité d’entre eux sont des objets inertes, corps de lanceurs, satellites inactifs, et surtout débris issus d’explosions ou de collisions. Ces objets évoluent à des vitesses de plusieurs kilomètres par seconde et représentent une menace effective pour les satellites actifs.

Cette menace s’est une nouvelle fois manifestée le 27 mars dernier lorsque l’Inde est devenue le quatrième pays à détruire par un tir de missile l’un de ses satellites en orbite basse, à 300 kilomètres d’altitude. Cet acte stratégique a généré des centaines de débris dont certains ont été propulsés à des orbites fréquentées par de nombreux satellites. Un événement de plus qui confirme à tous les acteurs du spatial que la gestion des risques de collisions et la limitation de la génération de débris sont une nécessité afin de pouvoir continuer à utiliser de façon optimale les moyens spatiaux.

Quelle est votre principale mission comme responsable technique de l’équipe Caesar du CNES ?

Florian Delmas  : "CAESAR (Conjunction Analysis and Evaluation Service, Alerts and Recommendations) est un service public probatoire délivré par le CNES pour le Centre Français de la SSA (Space Surveillance Awareness). Notre mission est d’identifier, pour les opérateurs des satellites que nous surveillons, les risques de collisions potentiels sur un horizon de plusieurs jours. Nous devons identifier des dizaines de milliers de conjonctions par an, et repérer parmi ce volume les quelques risques nécessitant une manœuvre d’évitement."

Vous êtes ingénieur ENSICA 2007. Quels ont été vos choix jusqu’ à ce poste de spécialiste spatial ?

"J’avais orienté mes options vers une thématique spatiale que j’ai poursuivie par un stage de fin d’étude au sein de Thales Alenia Space à Cannes. J’ai travaillé plusieurs années dans le milieu aéronautique avant d’intégrer le CNES en 2013 dans le service de Mécanique Spatiale Opérationnel."

Quels sont les moyens mis en œuvre pour éviter l’accroissement de débris potentiels avec la mise en orbite de constellations de satellites de type OneWeb, et le besoin croissant en satellites des pays émergents ?

"Le premier point est de limiter la génération de débris durant le lancement et la vie opérationnelle du satellite et libérer les orbites utilisées par beaucoup d’opérateurs une fois la mission terminée. Ce point fait l’objet de recommandations transcrites dans la législation françaises en 2008. D’autres pays ont depuis fait de même. Le deuxième point est de surveiller l’environnement des satellites opérationnels, à l’aide de radars ou de télescopes, pour que ceux-ci soient en mesure d’agir en cas de risque de collisions. Cela permet d’éviter la perte d’un satellite opérationnel, de générer de nouveaux débris et de protéger les satellites sur les orbites voisines."

Quel message avez-vous souhaité passer aux jeunes ingénieurs de l’ISAE-SUPAERO ?

"L’utilisation de l’espace est essentielle dans notre vie quotidienne, même si l’on ne s‘en rend pas forcément compte. L’accroissement du trafic spatial implique une augmentation globale du risque de collision, que ce soit entre objets actifs et/ou inactifs. Il faudra donc faire évoluer nos pratiques et coopérer de plus en plus à l’international pour continuer à profiter de cette précieuse ressource."

A quelques semaines de la mise en orbite d’Entrysat, cubesat réalisé par l’ISAE-SUPAERO avec le soutien du programme JANUS (Jeunes en Apprentissage pour la réalisation de Nanosatellites au sein des Universités et des écoles de l’enseignement Supérieur) du CNES, et en collaboration avec l’ONERA que pensez-vous de cette initiative pour l’étude de la rentrée atmosphérique des débris spatiaux ?

"La gestion des rentrées atmosphériques est une activité délicate, avec beaucoup d’incertitudes. J’espère que ce projet nous permettra d’améliorer les connaissances sur le comportement des objets durant leur rentrée atmosphérique, et que nous pourrons en profiter lors de nos opérations."

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